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TEMOIGNAGES PALESTINE 2017
Participants COS 38 01/02/2018
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Découvrez les témoignages de nos adhérents qui ont participé au voyage en Palestine pour vivre et vous imprégner de leur ressenti.

«Novembre 2017 :
Je n’ai pas rêvé...
A quelques heures de vol de mon domicile,
J’ai vu un mur infranchissable, très long et très haut, des grilles, des barbelés, des miradors, des
militaires très jeunes et lourdement armés...
J’ai vu des camps de réfugiés.
J’ai vu des routes et des lieux qui leur étaient interdits.
J’ai vu des check points devant lesquels les passants se pressaient, les hommes détournant le regard pour ne pas être interpellés et donc contrôlés.
J’ai vu des écoliers mis en joue par un soldat sans état d’âme.
J’ai vu des quartiers désertés, à l’abandon d’où les familles avaient été chassées.
J’ai vu un commerçant, un vrai résistant, nous expliquer avoir refusé des millions de dollars pour quitter son magasin et sa maison d’une grande ville visitée, afin de laisser la place libre.
J’ai vu mes compagnons de route d’origine arabe, subir des contrôles incessants et humiliants.
J’ai vu des colons dont le seul but est d’occuper la place pour empêcher les réfugiés de revenir dans leurs maisons, de faire des enfants..... et ils sont payés pour cela.
J’ai observé.
J’ai écouté les guides, les travailleurs sociaux, les bénévoles, les familles qui nous accueillaient, citadins et bédouins.
Je les ai entendus.
Et j’ai vu de belles personnes, fières d’être ce qu’elles sont, entrées malgré elles en résistance, accueillantes, fières de leurs racines, de leur histoire, prêtes à défendre leur territoire de façon pacifique.... Mais jusqu’à quand ?
J’ai vu la PALESTINE et elle restera à tout jamais dans mon cœur.
A ce jour, ce magnifique pays se réduit à peau de chagrin. En 70 ans : 88 % de son territoire lui a été confisqué.
Une des solutions pour leur permettre de survivre et de résister : s’ouvrir au tourisme solidaire et équitable ; je l’ai testé et j’y retournerai. Cela est et restera une expérience inoubliable. »


« Ma 1ère rencontre avec la Palestine s'est soldée par une terrible frustration pour l'adolescente de 13 ans que j'étais alors : mon père refusant catégoriquement que je porte le keffieh qu’arborait toutes mes copines ... comment un accessoire de mode pouvait-il le mettre dans une telle colère ? Le ton familial étant donné, ma vision de la Palestine, et plus précisément des Palestiniens, était réduite à celle d'un peuple belliqueux refusant d'accueillir les victimes de l'Holocauste.

Trente et quelques années plus tard, me voilà de retour d'un séjour en Palestine, arpentant des kilomètres du sentier d'Abraham au grès de randonnées dans des sites très différent. Désolée papa, mais je viens de vivre une expérience d'une intensité incroyable relevant davantage d'un voyage initiatique que d'une escapade touristique ...

Comment raconter l'irracontable ? Que l'ONU ait muré des fenêtres de l'école du camp de Aida à Bethléem pour protéger les enfants des balles ...
Comment le beau peut-il côtoyer l'abject ? Qu'une ruelle commerçante de Hébron soit recouverte d'un filet pour protéger ses habitants des déchets qui leur sont jetés dessus ...
Comment éprouver un tel sentiment de liberté face à l'immensité des paysages alors même que la majorité des habitants ne peut se mouvoir sans autorisation aléatoire ?
Comment l'humain peut-il passer du plus chaleureux avec la générosité des bédouins au plus glacial avec la froideur des check points ?
Comment ...pourquoi ? Un si beau pays à l'histoire si riche peut-il être le théâtre d'une telle abjection humaine qui vous fait regretter d'être croyant au point d'en devenir agnostique ?

Mes émotions ont suivi les ascensions et descentes vertigineuses d'une voiturette d'un manège de Grand-Huit, touchant les étoiles et le bas-fond, me mettant le cœur à la fois à l'envers et en joie, dans un tourbillon de vie et d'espoir malgré tout.
Assurément je n'en suis pas revenue indemne ... enrichie du courage et de la dignité d'un peuple opprimé : SHOUKRAN ! »


« Sourire Palestine
Quand mon ami(e) est interrogé(e)
quand ma valise est inspectée
je te vois.
Quand tes enfants sont surveillés
par un fusil pointé
quand les barbelés
empêchent ta liberté
je te vois.
Quand je sens tes parfums
quand j’admire tes couleurs
je te vois.
Quand ton histoire m’étourdit
quand entendre ta voix
m’empêche de pleurer
je te vois.
Quand ton espoir nous réunit
quand la vie nous rassemble
je te vois.

Inspiré par :
- le sourire de Muhanad (Guide Palestinien novembre 2017 « Sentier d’Abraham » COS 38)
- le poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) : « Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps, près des jardins aux ombres brisées, nous faisons ce que font les prisonniers, ce que font les chômeurs, nous cultivons l’espoir »
- et par vous tous !! »


« Si je devais résumer ce voyage en Palestine sur le sentier d’Abraham en quelques mots, je le décrirais d’émouvant, bouleversant, émotionnellement fort par la richesse des échanges que nous avons tissés avec les habitants, magnifique par la beauté des paysages.
Mais de ce voyage, je me remémore des images, des paysages, des visages bien distincts :

Comme celui d’Abu Habid, commerçant palestinien à Hébron, l’un des 3 derniers occupants palestiniens à rester vivre dans cette rue fantôme, tous les autres ont fui, forcés de partir. Avant les événements de 1994, c’était un lieu très animé, vivant avec de nombreuses échoppes où le commerce battait son plein. Aujourd’hui il reste uniquement son bazar, situé en face de la mosquée d’Abraham où siège le tombeau des patriarches. Cet homme au regard bleu marine, au visage déchiré, sous son corps douloureux mais avec un sourire malicieux retient sa révolte. Son récit poignant sur l’intimidation, les tortures qu’il endure et subies par sa famille nous désarme, nous ébranle. C’est un symbole de résistance car il refuse de vendre son commerce de moins de 100 m2 à un riche juif australien qui lui offre un pendant d’or. « Je ne serai pas heureux ailleurs, loin de chez moi même avec des billions de dollars ». Mais pour combien de temps, lui continuera de résister mais sa descendance ?

Je retiens également l’image du frère et de la sœur du camp bédouin où nous avons fait halte pour la nuit au niveau de la mer. La petite fille de 3, 4 ans suit sans cesse son grand frère (18 – 20 ans). Elle lui serre la jambe, il lui caresse les cheveux. Elle s’assoit sur ses genoux, le regarde avec une telle tendresse. Il la porte quand nous allons visiter la ferme (une petite centaine d’agneaux, 200- 300 chèvres peut être plus, des moutons. Et le soir elle est encore là devant lui, ne regarde que lui quand tous les garçons de la tribu se mettent à danser, une danse traditionnelle bédouine au rythme du rebâba.

Je revois le paysage du canyon du Wadi Quelt appelé la vallée de l’ombre de la mort parsemé de vestiges d’aqueducs, de grottes, d’olivier.

Je retiens mes larmes et mes sentiments se bousculent devant le mur du camp de réfugiés d’Aïda à Bethléem, mur de séparation de 6 m de haut tagués de dessins, de caricatures, expression des opprimés, de la privation des droits de liberté, de déplacement, de leur résistance derrière lequel sont entassés des milliers de Palestiniens sur un espace confiné. Nous y avons rencontré le directeur d’Alrowwad for Culture and Art (maison des jeunes et de la culture) qui nous fait part de la vie dans les camps. Il est déclaré personne à risque et est interdit de séjour à Jérusalem jusqu’en 2099.

Et il y en a encore tant d’autres.

Derrière ses souvenirs de rencontres, de paysage, je suis rattrapée par la réalité, celle d’un peuple opprimé, humilié quotidiennement, privé de ses libertés de mouvement (interdiction d’utiliser certaines routes, obligation de détours, interminables heures d’attente aux postes de contrôle militaire, privation des ressources naturelles comme l’eau (ils ont droit à 5 heures à l’alimentation en eau pour 20 jours) , victime de discrimination dans l’emploi, l’éducation. Mais un peuple qui résiste. Ils appellent à la résistance « bienveillante ». Ne pas se rebeller sinon ils se voient confisquer leurs biens notamment de leur maison.

Nous pouvons les aider même à notre niveau si infime soit -il en invitant les personnes de notre entourage à partir visiter, découvrir ce magnifique pays, à les inciter à aller à la rencontre de ce peuple accueillant, à faire connaître la situation dans laquelle vivent les Palestiniens, à leur démontrer que des Français sont à leur côté pour les soutenir dans leur lutte par la transmission de ce que nous avons vu, de partager l’expérience que nous avons vécue sur leur territoire. Le tourisme constitue une solution pour parachever leur résistance. Et pourquoi pas leur permettre d’écrire «Palestine is an infinite ideal».



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